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La Nouvelle République
Actualité Poitiers
dimanche 11 octobre 2009

“ Des parents couraient avec leurs enfants en pleurs ”

Des vitrines de magasins ont été brisées. Certains commerçants, prudents, ont rapidement baissé leur rideau de fer et fermé leurs portes à clé.  : (Photo NR, Julie Baron) Des vitrines de magasins ont été brisées. Certains commerçants, prudents, ont rapidement baissé leur rideau de fer et fermé leurs portes à clé. : (Photo NR, Julie Baron)

Des Poitevins se sont retrouvés au milieu des casseurs ou à quelques mètres. Ils ont vécu des minutes terrifiantes. Ils nous racontent leurs frayeurs.

J e sortais de chez moi, dans le quartier du Pont-Neuf, et j’ai vu une centaine de mecs le visage caché par des masques, des écharpes, raconte François, 29 ans. « Ils gueulaient “ policide ”, “ on va vous tuer ”, “ on va tout casser ”. Et ils ont commencé à mettre le feu aux poubelles, à casser des abris de bus, des bancs… »

Luce, elle, était en train de discuter avec des amis rue du Marché. « Soudain, j’ai vu environ 150 personnes arriver de la rue de la Cathédrale. Elles étaient encerclées par des banderoles noires, et étaient masquées. Certaines portaient même des sortes de lunettes de plongée Un copain nous a alertés et nous a dit : “ Rentrez dans la boutique, ces gars-là ne rigolent pas… » La jeune fille explique que les émeutiers avançaient en rangs « sans crier ». « Ils ont ensuite lancé des fumigènes. Du coup, on les voyait à peine… L’ambiance était apocalyptique, effrayante, et l’air irrespirable. Et puis, ils sont mis à tout détruire. »

“ On sentait
vraiment
la violence ”

Un patron de restaurant, place Notre-Dame, juge que le groupe de casseurs était « très organisé », « quasi militaire ». « Ils sont intervenus en plein concert des Expressifs, ce n’est pas un hasard. Ils voulaient créer un effet de surprise Et ils s’en sont pris aux devantures des institutions : des banques, des assurances, La Nouvelle République. Ça n’a pas duré plus d’une minute, et ils se sont dispersés, encore une fois, avec beaucoup d’ordre. En une fraction de seconde, ils ont enlevé leurs masques et ont disparu. J’ai eu peur car on avait un enfant qui était sur la terrasse ».
« On sentait vraiment la violence, ajoute son épouse. On avait l’impression que ça pouvait dégénérer davantage. »
Dans la rue de la Regratterie, presque tous les commerçants ont bouclé leurs magasins ou baissé leurs rideaux de fer. Quand elles ont entendu les coups donnés contre les vitres de la Caisse d’épargne,Corinne et Audrey ont ainsi fait entrer des passants dans leur boutique et l’ont fermée à clés. « Ils avaient des sortes de battes de base-ball. On a flippé. Ils auraient très bien pu s’en prendre à notre commerce. »
Un serveur d’un café place Notre-Dame a presque les larmes aux yeux : « Je suis dégoûté. J’ai vu des parents courir avec leurs enfants en pleurs dans les bras. C’est dégueulasse ce comportement. »

la Nouvelle République
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